Culture et patrimoine

Aperçu historique du territoire de la MRC de Montmagny

par Alain Franck, ethnologue

Une manière d’occuper l’espace

Au début de la colonie, la façon de concéder les terres est conditionnée par la grande voie de communication par excellence, le Fleuve Saint-Laurent.  Le découpage des terres concédées représente donc des bandes parallèles étroites et peu profondes, bordant au fleuve pour que plus d’habitants aient accès à cette route naturelle.

L’aménagement des habitations et des dépendances répond également à certains impératifs propres au monde agricole.  D’abord, les colons construisent leurs maisons en suivant les contraintes géographiques telles que les qualités du sol assurant solidité et étanchéité des fondations et la possibilité d’y creuser un puits ou la proximité d’une source d’eau.  Puis, ils pratiquent l’économie agricole en conservant la bonne terre pour l’agriculture et en réservant les parties incultes, rocheuses ou élevées, au bâti.  Cette ingénieuse organisation de l’espace confère à la région un certain attrait puisque parfois, les bâtiments suivant la crête rocheuse, le rang n’est occupé que d’un seul côté.  L’application du régime seigneurial et l’aménagement du rang ont modelé le paysage rural québécois au point de lui donner un caractère unique et la MRC de Montmagny conserve de bons exemples de ce mode de peuplement au nord de son territoire.

De la seigneurie à la ville

Le territoire de la MRC de Montmagny fait partie des limites des Seigneuries de Berthier (1637) à l’ouest, de la Rivière-du-Sud (1646) au milieu et Vincelotte, Gamache, Gagnier, Saint-Joseph à l’est, aujourd’hui Cap-Saint-Ignace.  Au sud, les seigneuries touchaient le début des Monts Notre-Dame sans s’y engager.  L’ancienne Seigneurie de la Rivière-du-Sud qui comprend l’Isle-aux-Grues et l’île-aux-Oies, concédée à Charles Huaut de Montmagny, est la plus importante de toutes les seigneuries concédées sur le territoire.  Mais c’est l’arrivée de Louis Couillard de l’Espinay en 1670 qui marque le début de la colonisation.  Compte tenu de l’importance du fleuve, les colons originaires de Québec et de l’Île d’Orléans, s’établissent sur ses rives.  Peu de temps après l’établissement d’un groupe de colons à l’embouchure d’un petit cours d’eau nommé Rivière-à-la-Caille, situé à quelques kilomètres à l’ouest du bassin de la Rivière-du-Sud, débute l’histoire de la Ville de Montmagny.

Dès 1678,  les censitaires de ces trois seigneuries y bâtissent leurs premières chapelles sur les bords de l’eau.  Mais avec le temps, l’action combinée des marées et des glaces printanières gruge la terre ferme.  Cette érosion est causée par le défrichement systématique pratiqué par les colons lors de leur établissement.  À la suite de ce constat, les colons, comme ceux installés à la Pointe-à-la-Caille, doivent transporter leur habitation sur le haut de leur terre, certains pour ne pas être emportés par le fleuve, d’autres pour se rapprocher de la nouvelle église ou du Chemin du Roi.

Après la conquête (1760), l’expansion du territoire seigneurial se trouve pratiquement terminée mais, suite à l’incendie de la Côte-du-Sud par les Anglais, la reconstruction des habitations, des moulins et des maisons des seigneuries s’impose.  Bien que l’agriculture constitue une économie de subsistance dans la région, des habitants s’adonnent graduellement à des activités nouvelles reliées à la mer, à la forêt et au commerce du bois.  Bientôt, le Village de Saint-Thomas (Montmagny) devient un carrefour d’échanges et de services.  Quant à la prospérité agricole des deux villages de la plaine, Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud et Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud sont considérés dès le dix-huitième siècle comme le grenier du Bas-Canada.

Au début du XIXe siècle, l’accroissement de la population crée une demande pour les produits agricoles, et les échanges s’en trouvent stimulés.  Le Saint-Laurent demeure la voie de communication avec l’extérieur, les premières rues se dessinent, et les ponts à péage apparaissent.  C’est à cette époque que s’amorce l’émigration des habitants vers les centres industriels, notamment ceux de la Nouvelle-Angleterre.  La population qui s’installe d’abord sur les rives du fleuve pénètre ensuite dans les terres en suivant les rivières.

Montmagny-Sud

Des pressions démographiques provoquent un mouvement de colonisation vers le sud de la MRC de Montmagny encouragé par le clergé, la création de cantons et par les sociétés de colonisation.  Ce mouvement provoque la construction de dizaines de routes, entre 1850 et 1870, essentiellement destinées à permettre la colonisation des régions éloignées.  Les villages du flanc des Appalaches apparaissent en majorité grâce aux habitants des anciennes paroisses du nord, surpeuplées depuis au moins 1820.  Ainsi, naîtront Saint-Paul-de-Montminy, Notre-Dame-du-Rosaire et Sainte-Euphémie-sur-Rivière-du-Sud grâce aux colons des premières paroisses de la plaine, de Bellechasse et de la Beauce.  Puis Sainte-Apolline-de-Patton créé par une société de colonisation est peuplée par les gens de Cap-Saint-Ignace.  Puis suivront dans l’axe ouest-est, les paroisses du flanc sud des Appalaches, soient Saint-Fabien-de-Panet, Sainte-Lucie-de-Beauregard, Saint-Just-de-Bretenières et Lac-Frontière.

Si les colons, à leur arrivée, défrichent et ensemencent leurs terres dans le but de vivre de l’agriculture, bien vite ils relèguent cette activité au second rang.  L’industrie forestière constitua pendant plusieurs décennies le seul agent économique du sud de la MRC de Montmagny.  Le travail de bûcheron, de draveur ou de journalier dans les moulins à scie rapportait plus et plus vite que l’agriculture pratiquée sur des terres souvent incultes.  À long terme, la non-diversification de l’économie de cette région alliée aux difficultés de l’industrie forestière à partir de 1930 provoquèrent une baisse considérable de la population des villages du sud, perte qui n’est toujours pas comblée.

L’industrialisation du territoire

À l’agriculture qui prédomine jusqu’au milieu du XIXe siècle s’ajoute l’industrie forestière dans la première moitié du même siècle.  Ce dernier secteur fait entrer la région dans l’ère industrielle et est à l’origine de la prospérité qu’a connu la population de Montmagny.  L’arrivée du chemin de fer dans la deuxième moitié du XIXe siècle, qui prend d’abord le pas sur la voie maritime puis sur le réseau routier, n’est pas étrangère à cette prospérité puisque la région sera desservie par trois réseaux ferroviaires, dont deux presque exclusivement utilisés pour le commerce du bois.

La société magnymontoise

Entre 1850 et 1930, des changements significatifs surviennent dans la société magnymontoise qui devient graduellement une véritable société urbaine.  C’est le passage de la colonisation à l’industrialisation.  Les transformations socio-économiques que connaît Montmagny ont des répercussions sur l’évolution du tissu urbain.  De 1850 à 1867, on remarque une poussée de la population du côté est de la Rivière du Sud et en bordure du Bras Saint-Nicolas.

À partir de 1867, la population, qui devient davantage ouvrière, se concentre vers le sud-est, près du chemin de fer et du Moulin Price, puis se dirige vers l’ouest à cause de la présence de la fonderie d’Amable Bélanger.  Par la suite, le secteur à l’ouest de l’Usine Bélanger se développe grâce à l’implantation de nouvelles usines.  Jusque vers 1881, le nombre d’habitations s’accroît graduellement autour de ces usines.  À la fin du XIXe siècle, la Ville de Montmagny est un véritable pôle régional sur la Côte-du-Sud.  Son développement est intimement lié aux initiatives d’une poignée d’hommes d’affaires et d’industriels, dans une conjoncture économique parfois difficile.  La croissance industrielle, qui provoque dans une bonne mesure l’augmentation de la population, permet la naissance de nouveaux quartiers.  À cette époque, Montmagny compte donc un véritable quartier ouvrier à proximité des lieux de travail.

Par ailleurs, la vieille agglomération villageoise se transforme considérablement avec la construction de nombreux édifices publics (hôtel de ville, palais de justice, couvent, collège, bureau de poste, hospice) et la présence de magasins, d’un réseau d’aqueduc, d’un service d’électricité et d’un service d’hygiène, qui achèvent de lui donner un caractère résolument urbain, même si la dénomination de village persiste jusqu’en 1883.  L’apparition de services publics à Montmagny est attribuable tant aux industriels et aux hommes d’affaires qui contribuent à l’essor de ce secteur qu’aux initiatives du conseil municipal qui veille à l’amélioration de la qualité de vie dans la ville.

Le démarrage de la production manufacturière vers 1880 et son accélération durant la Première guerre mondiale, de même que le rôle de Montmagny comme chef-lieu institutionnel, amorcent une importante modification des structures sociales liées à une plus grande diversité des emplois.  Jusqu’en 1960, la Ville de Montmagny connaît une grande période de prospérité.  On estimait qu’elle était la municipalité de la province qui possédait le plus d’industries en raison de sa population.

Aujourd’hui, les municipalités du littoral constituent le point de mire du patrimoine culturel tandis que les paroisses du sud, nées d’un mouvement historique très intéressant, possèdent un passé pas si lointain où il est encore possible de recueillir les histoires d’une région considérée dans les années 1920 comme le « Klondike » de l’Est du pays.

À propos de la MRC de Montmagny

En 1979, le gouvernement du Québec adopte le projet de loi 125, sur l’aménagement et l’urbanisme, qui décrète la formation de municipalités régionales de comté (MRC).  Ces nouvelles entités administratives, composées de l’ensemble des municipalités d’une même communauté d’appartenance, succédaient ainsi aux anciennes corporations de comté qui n’incluaient que les municipalités rurales.  À ce moment, l’organisme régional déjà en place subit une modification de sa délimitation territoriale puisque dorénavant, la nouvelle entité inclus la Ville de Montmagny et la Municipalité de Saint-Antoine-de-l’Isle-aux-Grues. C’est ainsi que la Municipalité régionale de comté de Montmagny fut créée par décret gouvernemental le 1er janvier 1982.

MUNICIPALITÉS POPULATION
(Décret déc. 2016)
% en 2016
MRC
Saint-Just-de-Bretenières 666 2,94 %
Lac-Frontière 204 0,90 %
Saint-Fabien-de-Panet 946 4,18 %
Sainte-Lucie-de-Beauregard 297 1,31 %
Sainte-Apolline-de-Patton 576 2,54 %
Saint-Paul-de-Montminy 788 3,48 %
Sainte-Euphémie-sur-Rivière-du-Sud 328 1,45 %
Notre-Dame-du-Rosaire 359 1,58 %
Cap-Saint-Ignace 3 035 13,40 %
Montmagny 11 226 49,55 %
Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud 923 4,07 %
Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud 1 616 7,13 %
Berthier-sur-Mer 1 550 6,84 %
Saint-Antoine-de-l’Isle-aux-Grues 143 0,63 %
TOTAL 22 657 100,00 %

En plus des responsabilités déjà exercées par les anciens conseils de comté, cette loi donne aux MRC le mandat de confectionner un schéma d’aménagement.  En fait, un schéma d’aménagement oriente l’adoption des plans et règlements d’urbanisme pour protéger les ressources du milieu.  Il établit les lignes directrices pour la mise en valeur du territoire.  Ainsi, tout projet d’envergure régionale doit tenir compte des propositions énoncées dans le schéma.  Ainsi, le Conseil de la MRC peut adopter des priorités régionales visant à mettre davantage l’emphase sur des thèmes ou projets dont la réalisation est jugée essentielle au développement de la région.

Suite au travail préliminaire de connaissance de la région, la MRC de Montmagny formule en 1982 les orientations et objectifs généraux qui dirigent son plan de travail en matière d’aménagement du territoire.  En 1983, la phase d’inventaire et d’analyse est utilisée pour monter des dossiers sectoriels sur plusieurs thèmes touchant notamment, l’agriculture, la forêt, le tourisme, le patrimoine, les transports, la récréation, le plein air et l’environnement.  Après plusieurs années de travail et de consultation, le schéma d’aménagement de la MRC de Montmagny est adopté en 1986 et entre en vigueur le 23 décembre 1987.  Pour se conformer à la loi, chaque municipalité adopte, les années suivantes, un plan d’urbanisme ainsi que des règlements de zonage, de lotissement et de construction, conforme aux objectifs du schéma et en particulier aux normes présentées.

La MRC de Montmagny compte aujourd’hui quatorze municipalités et une population totale de 23 262 habitants.  On y retrouve les municipalités suivantes :

Politique culturelle de la MRC de Montmagny (en construction)

  • Adoption
  • Texte de la politique culturelle
  • Comité culturel

Concertation, échanges et partenariats

La MRC de Montmagny, partenaire du réseau Villes et villages d’art et de patrimoine (VVAP)

Pour en savoir plus sur le réseau Villes et villages d’art et de patrimoine

Les comités

  • Montmagny-Ville-Musée, conseil d’administration
  • Centre des Migrations, conseil d’administration
  • Office du tourisme de la Côte-du-Sud, conseil d’administration
  • Comité de la culture de Montmagny, conseil d’administration
  • Comité organisateur des Journées de la Culture
  • Corporation touristique de Berthier-sur-Mer, conseil d’administration
  • CLD de la MRC de Montmagny, animateur à la table Culture, patrimoine et loisir pour le Palée
  • Comité Avis et prises de positions, Conseil des monuments et sites du Québec
  • Comité organisateur des Prix du patrimoine du Conseil de la culture de Québec/Chaudière-Appalaches

Les outils de sensibilisation et de mise en valeur

Les politiques culturelles

Les visites patrimoniales et les circuits découvertes

  • Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud

Patrimoine religieux: Un clocher au milieu de la plaine (juin 2000)

  • Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud

Patrimoine religieux: Un clocher au milieu de la plaine (juin 2000)

  • Montmagny

Patrimoine bâti: Guide de sensibilisation à la conservation du patrimoine bâti Au coeur du Vieux-Montmagny Le patrimoine bâti, mémoire de la ville (2011)

  • Berthier-sur-Mer

Patrimoine bâti: Circuit découvertes Histoire & architecture (2004)
Patrimoine religieux: Un clocher au bord du fleuve

  • Cap-Saint-Ignace

Patrimoine religieux: Un clocher pour deux seigneuries (2008)

Les comités de sauvegarde et de mise en valeur des ressources culturelles et patrimoniales de la MRC de Montmagny

  • Cap-Saint-Ignace : 418-246-5390
  • Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud : 418-248-1986
  • Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud : 418-259-7805
  • Berthier-sur-Mer : 418-249-2339
  • Montmagny : 418-248-0993

Les entreprises culturelles du territoire (en construction)
Répertoire des artistes et artisans du territoire (en construction)
Répertoire des ressources culturelles (en construction)
Les produits touristiques culturels (en construction)

Un patrimoine à découvrir

  • La Route des navigateurs
  • La plaine côtière
  • Les Appalaches
  • L’archipel de l’Isle-aux-Grues

La richesse du patrimoine

  • Le patrimoine bâti
  • Les biens classés
  • Le patrimoine religieux
  • Le patrimoine vivant
  • Les paysages culturels

Biens culturels classés de la MRC de Montmagny

Municipalité Bâtiment Année de construction Architecture
Cap-Saint-Ignace Maison et laiterie Guimont 1729 Québécoise
Cap-Saint-Ignace Manoir Gamache 1744 Française
Cap-Saint-Ignace Moulin Vincelotte 1750 Québécoise
Montmagny Manoir Couillard 1789 Française
Montmagny Manoir Sir Étienne-Paschal-Taché 1830 Québécoise
Saint-Antoine-de-l’Isle-aux-Grues Manoir MacPherson-Lemoine 1769 Québécoise
Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud église 1785 Monumentale
Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud vieux presbytère 1763 Québécoise

 

Activités culturelles

Agenda culturel de la MRC de Montmagny